2000 vins, une mauvaise année pour lancer le Dry January en France

Détournement affiche pour le Dry January

Le Dry January n’est pas le nom d’un nouveau cocktail (Dry Martini, Tequila Dry, Dry Manhattan…), au contraire, il s’agit du nom d’une campagne de santé publique incitant à ne pas consommer ou à diminuer sa consommation d’alcool pendant le mois de janvier. Cette initiative, comme son nom l’indique, est d’origine anglaise. Elle a été lancée pour la première fois en Grande Bretagne en 2014 et a été adoptée depuis par une quinzaine de pays. Le nom anglais de l’action a la consonance d’un cocktail, de l’humour anglais certainement. Cet humour s’exprime aussi dans le logo : une tasse de tisane camouflée en cocktail grâce à une petite ombrelle posée négligemment sur le bord, l’attribut classique du cocktail (petit message subliminal : même la tisane est festive…).
Une trentaine d’associations de santé publique et d’addictologie ont initié une opération similaire en France cette année : le défi de Janvier.

Ça ressemble au mois sans tabac sans l’état

En France nous connaissons déjà le mois sans tabac, en Novembre. L’objectif est avant tout de créer une dynamique autour de l’arrêt de la nicotine. Il comptait plus de 200 000 personnes inscrites en 2019. Une opération similaire pour la consommation d’alcool apparaît logique. L’alcool est classé cinquième substance la plus addictive et elle est responsable en France de 41 000 décès par an. La consommation d’alcool est beaucoup plus répandue que celle du tabac et même occasionnelle, sans être addict, elle a de nombreuses répercussion sur la santé. Le défi de janvier est présenté comme une action mobilisatrice et ludique pour essayer de faire une pause dans sa consommation. Cette action insiste sur les bienfaits engendrés par un arrêt : forme physique, peau, sommeil, poids… Mais en France, cette action n’a pas été relayée par le gouvernement à cause de la pression des professionnels de l’alcool et en particulier du lobby du vin. Ils craignent que ce soit un premier pas vers une prohibition de l’alcool. En France le Dry January c’est comme le Canada Dry, ça y ressemble mais ça n’en n’a pas vraiment le goût…. L’action a tout de même été lancée mais n’a pas l’ampleur ni les moyens du mois sans tabac.

Le Dry January en Février… c’est pas possible ?

Le mois de janvier est peut être un mauvais choix ? Il semblerait que l’industrie du champagne en particulier n’apprécie pas. La consommation du Champagne doit être particulièrement importante, pas seulement pendant le réveillon mais aussi pendant tout le mois consacré à fêter la nouvelle année. Peut être aurait-il été préférable de choisir le mois de février comme le souhaitait Thomas VDB car il est plus court… Pourtant le défi ne s’étend pas sur tout le mois de janvier. Il débute après le réveillon pour laisser la possibilité de fêter dignement la nouvelle année ; comment refuser une, ou deux, ou trois coupes de champagne le 1er janvier après minuit pour fêter la nouvelle année et bien débuter ce mois sans alcool… On peut donc rassurer Thomas VDB, le mois sans alcool est plus court que prévu.
Personnellement, j’apprécie de faire une petite pause après les excès des fêtes, et pas seulement pour la consommation d’alcool. Le mois de Janvier me convient donc bien et je pense ne pas être le seul à ressentir ce besoin.

Pas de Dry January en France en 2000 vins !

Ce “Dry January” n’a vraiment pas l’allure d’une croisade de la “ligue du bien public” pour la prohibition de l’alcool. L’arrêt ou la baisse de consommation d’alcool est tellement bénéfique pour la santé et le bien-être qu’il est dommage que l’état ne promeuve pas et ne relaie pas cette opération. Peut-être l’année prochaine, « 2000 vins » n’était sans doute pas la bonne année pour initier cette action en France. Et puis, nous n’avons pas besoin de l’état pour devenir raisonnable.

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