La phytothérapie: c’est tendance mais c’est pas nouveau !

Dos de femme et homme tatoués de plantes médicinales

A qui doit on les premières recherches sur les plantes médicinales ?

La première trace écrite de l’usage médical des plantes est une tablette d’argile sumérienne datant de 3000 ans avant JC, soit quasiment au début de l’écriture (-3400 ans). On retrouve plus tard des inventaires plus riches : un papyrus égyptien du XIVème siècle avant J.C. et plus tard encore, dans« l’histoire naturelle » de Pline l’ancien (premier siècle), une compilation des connaissances en pharmacologie,… Mais avant ? Qui sont les premiers à avoir osé goûter des racines, feuilles et fruits ; et surtout comment ont-ils fait pour associer ces parties de plante à un bienfait ? Ces découvreurs étaient sans doute plus motivés par la faim que par la curiosité scientifique. Ils ont dû connaître de nombreux déboires, car si les plantes peuvent avoir des vertus médicinales beaucoup ont aussi des propriétés toxiques, voire mortelles. Les premiers goûteurs étaient certainement très courageux et établissaient  un premier classement : ça se mange ou ça ne se mange pas (d’autres le faisaient pour eux en cas de décès). Mais, ensuite, pour comprendre que ça fait du bien au ventre, à la tête, que ça calme, que ça excite….? Menaient-ils des expériences sur des ancêtres de la souris blanche ou procédaient-ils à des essais cliniques ? Les sorciers, chamans, druides, guérisseurs et autres ont dû rapidement voir le jour pour mémoriser et répertorier les qualités des plantes.

Des plantes puisées dans la flore locale

Dans tous les coins du monde, à partir de la flore qui s’offrait à eux, les hommes ont inventorié les plantes et ont identifié leurs « pouvoirs » : Le griffonia en Afrique de l’ouest (anxiété – sommeil), l’acérola dans les forêts sèches d’Amazonie (fatigue), le bostwellia en Inde et en Chine (anti inflammatoire), le ginkgo au Japon (circulation sanguine), le carvi en Egypte et en Europe (digestion)… Il est surprenant de constater que sur des continents séparés, des Amérindiens et des Grecs ont identifié les vertus apaisantes de la valériane. Cette plante est aussi appelée “guéritout” et on lui attribue de nombreuses autres vertus, mais il ne s’agit certainement pas d’une coïncidence.

phytothérapie-plantes-du-monde

Au cours des âges, les rencontres entre civilisations, les échanges commerciaux, les acclimatations de plantes ont contribué à l’élargissement de l’inventaire. Les plantes ont ainsi constitué l’essentiel de la pharmacopée jusqu’au 19ème siècle et elles sont encore essentielles pour de nombreuses régions du monde.

Une source d’inspiration pour la pharmacie moderne

En occident, après la seconde guerre mondiale, les médicaments de synthèse (issus de la chimie) et les antibiotiques ont supplanté ces traitements. Pourtant de nombreuses molécules, aujourd’hui synthétisées, sont les principes actif de plantes médicinales (aspirine de l’écorce de saule, digitaline de la digitale,…). Plus concentrés et donc souvent plus efficaces, ces médicaments ont permis d’énormes progrès  mais ont fait aussi apparaître des limites : antibiorésistance, allergie, effets secondaires indésirables…. Aujourd’hui, l’industrie pharmaceutique poursuit l’identification des principes actifs des plantes pour le «bien-être » de tous et pour les breveter, en s’inspirant parfois d’anciens traités de phytothérapie.

La phytothérapie indéracinable

L’emploi médical des plantes sous diverses formes, infusions, huiles essentielles, extraits (gélules)…, perdure et s’accroît aujourd’hui. Cela répond à une volonté d’utiliser des produits plus “naturels”, la recherche d’une action douce et préventive. De plus, l’effet bénéfique d’une plante ne réside pas seulement dans une molécule mais il s’agit d’un tout ; plusieurs actifs agissant en synergie ou en harmonie.

La phytothérapie a plus de 5000 ans. Aujourd’hui, des études  scientifiques confirment les vertus curatives de plantes identifiées empiriquement au cours de millénaires. Pourtant, cette discipline n’a pas encore livré tous ses secrets et mystères. La phytothérapie offre une alternative douce pour soigner et prévenir les petits maux quotidiens.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.