Attraper un Pokémon, ouvrir une porte de frigo… Des mondes virtuels pour une santé réelle

La réalité virtuelle offre de nombreuses applications pour la santé

Chasser les Pokémons et lutter contre l’obésité

Lors de la visite touristique d’une ville, nous avions été surpris de voir nos enfants courir partout et faire preuve de curiosité : « on va voir l’église St Machin, c’est où la Maison du Duc Untel… ». Ils restaient rivés à l’écran du portable mais c’était tout de même bien plus agréable que de les traîner en les entendant râler en permanence « c’est quand qu’on rentre ? »… Nous avons fini par découvrir que cet engouement et cette vitalité étaient motivés par une chasse virtuelle de Pokémons : un jeu en réalité augmentée disponible sur les téléphones portables. J’ai été surpris par la suite de découvrir que ce jeu était loué par les spécialistes de la santé. Il incitait en effet des enfants, accros aux écrans et très sédentaires, à sortir et avoir un peu d’activité physique. Certains pensaient déjà avoir trouvé une solution à « l’épidémie »d’obésité qui touche l’Occident… (un ancien article sur ce thème de Santiane mutuelle).

L’usage de la réalité virtuelle a donc des vertus sanitaires. Les spécialistes et développeurs n’ont pas attendu Pokémon Go pour s’en apercevoir et l’utilisent depuis bien longtemps dans plusieurs domaines de la santé.

Plonger dans la réalité virtuelle d’un bar ou d’une fête pour arrêter de fumer

L’aide d’un psychologue est souvent proposée aux personnes souhaitant arrêter le tabac. Le psychologue apporte, entre autre, des trucs pour résister à la tentation et pour s’en détourner. Mais le plus difficile est de donner les bons réflexes au bon moment dans des situations qui ne sont pas toujours envisagées et le psychologue ne peut pas accompagner le « patient » en permanence. Certains psychologues utilisent des techniques de réalité virtuelle pour immerger les patients dans des situations concrètes de tentation, repas entre amis, fête… Ils peuvent ainsi recueillir en temps réel leur ressenti et les conseiller sur le moyen de résister, de se concentrer sur autre chose et de tenter d’oublier l’envie de fumer. (Article du National Géographic – Traitement addiction à la méthamphétamine)

(“Le mois de Novembre pour arrêter de fumer” sur notre blog santé et bien-être)

Affronter ses phobies pour les maîtriser

Il est aussi possible de traiter des phobies : vertige, avion, insectes… Le patient se retrouve projeté de manière très réaliste dans une situation courante où il est confronté à sa phobie. La répétition de l’expérience et l’accompagnement peuvent l’aider à maîtriser ses peurs.

Diminuer la douleur et calmer l’anxiété

Des établissements de santé emploient des casques de réalité virtuelle avant une opération, pour calmer le patient, ou après, pour calmer la douleur. Des scénarios adaptés permettent d’immerger le patient dans un univers apaisant. Il est ainsi possible de réaliser des opérations avec une anesthésie locale au lieu d’une anesthésie générale. Les patients qui bénéficient de séances de réalité virtuelle, après une opération, ont moins recours aux calmants et antidouleur.(article 20 mn)

Une rééducation douce et sans danger

La réalité virtuelle est aussi employée pour rééduquer des personnes victimes d’AVC ou sujettes à des troubles neurologiques. Le patient est plongé dans un univers courant : une cuisine, un jardin … sans être confronté à ses dangers. Il peut se réhabituer aux gestes de la vie quotidienne, reprendre confiance. Les univers proposés offrent une grande liberté d’action et de déplacement. Ils sont conçus pour ne pas figer les parcours et induire certains comportements ou gestes.

Stimulation des fonctions cognitives et distraction

Pour des personnes immobilisées par une longue hospitalisation ou des personnes très peu mobiles (âgées, handicapées…), la réalité virtuelle peut apporter simplement une distraction et ainsi réduire l’anxiété et le stress. Elle permet dans ce cas un développement des fonctions cognitives ( raisonnement, perception, jugement…) par stimulation du cerveau .

Jamais sans un thérapeute ou sans accompagnement

Ces technologies ne se substituent pas à l’intervention humaine. Leur usage n’a pas pour objectif de « brancher » les patients et de s’en aller (clinique Matrix). Les thérapeutes les emploient pour diversifier leur méthode d’intervention, offrir d’autres expériences. Pendant ces séances, leur présence, ou la présence d’une personne formée, reste nécessaire.

Et ce n’est pas fini…

L’équipement est bien sûr important. Le téléphone portable de la chasse aux Pokémons n’est pas suffisant pour une réelle immersion dans un univers virtuel. Il faut un casque de réalité virtuel mais aussi des manettes pour interagir avec cet univers, ou pour encore plus d’interaction, des capteurs de mouvement ou des capteurs sensoriels. Des chercheurs utilisent des prothèses connectées qui permettent aux patients de retrouver la “perception” d’un membre perdu pour soulager des douleurs.

Ces techniques sont en plein développement et offrent régulièrement de nouvelles applications qui apportent de réels bénéfices pour la santé et le bien-être. Et ce n’est que le début …

(Au Futurapolis de Montpellier -18 et 19 oct 2019, nous avons pu tester les applications proposées par Good Cells. Si vous avez l’occasion, n’hésitez pas, essayez …)

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