Je veux un Chief Happiness Officer pour Noël… ou un nouveau boulot ?

Dessin humoristique présentant le portrait du Chief Happiness Officer idéal. Le responsable de bonheur au travail

Un Responsable du Bonheur dans l’entreprise  : c’est sérieux ?

J’ai un peu l’impression d’être Alice au pays des merveilles, ou alors d’être à la recherche du magicien d’Oz, mais non, c’est très sérieux !!
Il existe de nombreuses études universitaires, essentiellement nord-américaines qui ont montré qu’il existait une corrélation positive entre la proportion de salariés heureux et la performance. Ces études ont été menées par des universités prestigieuses comme le MIT ou Harvard … Par exemple, savez-vous qu’un salarié heureux est, en moyenne  deux fois moins malade ? Qu’il est six fois moins absent ? Ou qu’il est neuf fois plus loyal.” – Laurence Vanhée, CHO chez Happyformance

En plus d’être plus performants et productifs, les salariés heureux ont plus de chances de rester longtemps dans l’entreprise. Ce qui signifie amélioration des résultats et économies pour l’entreprise qui diminue les coûts de recrutement et de formation des remplaçants.
C’est donc scientifiquement prouvé : un salarié heureux travaille mieux… Vous parlez d’une découverte !
Je trouve intéressant qu’on se préoccupe de mon bonheur au travail, même si c’est avec un objectif économique.
Jusqu’à présent, il s’agissait surtout de lutter contre le stress au travail, d’éviter le burn out… Préoccupations tout autant économiques, mais beaucoup moins positives : on est en train de passer de « limiter les dégâts » à « apporter du bonheur » !

Responsable du Bonheur au travail ou “Bonhomme Joyeux” ?

Le fait de parler de bonheur au travail est quand même une évolution importante, car c’est une tendance qui semble toucher de plus en plus d’entreprises. Même si le mot « Bonheur » semble parfois un peu fort, peut-être que “bien-être” serait plus adapté. Ça a le mérite de poser la question du « malheur » au travail. Mais attention, le mot bonheur peut générer des attentes trop importantes, et donc créer des déceptions et frustrations …
Le poste de CHO a été créé pour la première fois chez… Google. Un ingénieur, Chade-Meng Tan a inventé le poste de « Jolly Good Fellow » (traduction approximative « Bonhomme Joyeux »), qui a été ensuite adopté par d’autres grands groupes et donné cette nouvelle tendance. Les CHO sont souvent des RH (Ressources Humaines) dont la principale préoccupation est le bonheur des salariés.

Comment ça marche ? Comment savoir ce qui me rend heureux Moi ?

Evidemment la notion de bonheur est assez subjective, et en plus très personnelle !  On ne peut pas rendre heureux tous les salariés de la même manière. Il faut peut-être d’abord comprendre ce qui les rend malheureux ?
Et si c’était ça la clé : écouter les employés et les impliquer dans la mise en place de cette « stratégie du bonheur » ?
J’ai cherché une définition qui semblait pouvoir répondre à cette question, et j’en ai retenu 2 :
” Donner de la liberté à chacun pour qu’il s’organise en fonction de ce qui compte pour lui “.
” Apporter aux employés un cadre tout en favorisant leur autonomie et leur liberté “.

Ouh là là , mais ça implique d’écouter les employés et de remplacer le fonctionnement courant de contrôle et de défiance par de la confiance ?
Ça veut dire qu’il ne suffit pas d’avoir de jolis locaux, d’installer un espace de détente (l’arme fatale pour lutter contre le stress), une salle de ping-pong, un baby-foot , une salle pour faire la sieste (c’est très tendance et ça améliore les performances) ou d’organiser des événements ludiques ou même de mettre en place une garde d’enfants !
Même si tous ces éléments contribuent effectivement au bonheur au travail.

On y croit ? Vraiment ?

On parle d’autonomie, d’écoute, d’échange, de liberté…
Il faut être réaliste : ce n’est pas pour toutes les entreprises, ou en tout cas pas tout de suite !

Ça ne peut marcher que si cette notion de Bonheur au travail est au cœur de la stratégie et des valeurs de l’entreprise, portée et incarnée par ses dirigeants qui sont prêts à faire évoluer leur organisation.
C’est pourquoi il semble plus adapté aux Start-up, ou à des groupes comme Google qui ont opté pour des pratiques managériales innovantes et transverses, où le dialogue entre les différentes fonctions est perçu comme un gage de succès.
Ces entreprises concourent même pour faire partie du classement des «  Great place to work ». C’est quand même attirant de travailler pour une entreprise considérée comme « un endroit où il fait bon travailler » !
Ça ne ressemble pas à votre entreprise ? Rassurez-vous, vous ne faites pas partie d’une minorité !

En fait, je crois qu’il vaut mieux ne pas avoir de Bonhomme Joyeux dans l’entreprise si c’est juste pour avoir un gentil organisateur-décorateur, ou un DRH un peu plus fun, mais qui ne met pas en place des vrais valeurs qui nous permettent de nous sentir bien.
Mais bon, s’il est vraiment rigolo le Bonhomme Joyeux, je le veux bien pour Noël.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.